
Chirurgie de la Thyroïde et des Parathyroïdes
Le pôle prend en charge l'ensemble des pathologies chirurgicales de la thyroïde et des parathyroïdes : nodules, goitres, hyperthyroïdies (maladie de Basedow, nodules toxiques), cancers thyroïdiens et adénomes parathyroïdiens responsables de troubles du calcium. Les interventions sont réalisées par chirurgie mini-invasive, avec neuromonitoring per-opératoire pour la protection des nerfs vocaux et un protocole de récupération améliorée (RAAC) pour une sortie rapide et sécurisée.
Qu'est-ce que la chirurgie de la thyroïde et des parathyroïdes ?
La thyroïde est une glande située à la base du cou, en forme de papillon, qui produit des hormones essentielles régulant le métabolisme, la température corporelle et le rythme cardiaque. Les parathyroïdes sont quatre petites glandes situées derrière la thyroïde, responsables de la régulation du calcium dans l'organisme. Lorsque ces glandes développent des anomalies nodules, goitres, cancers et/ou dysfonctionnements hormonaux, une intervention chirurgicale peut s'avérer nécessaire pour traiter la cause et prévenir les complications. Notre équipe réalise l'ensemble de ces interventions en associant précision chirurgicale et techniques modernes pour garantir la sécurité et le confort du patient.
Quelles sont les indications de la chirurgie thyroïdienne et parathyroïdienne ?
Plusieurs pathologies peuvent nécessiter une intervention chirurgicale au niveau de la thyroïde ou des parathyroïdes :
Pathologies thyroïdiennes
- Les nodules thyroïdiens : la majorité est bénigne, mais certains nodules suspects à l'échographie ou à la cytoponction nécessitent une ablation chirurgicale pour analyse histologique définitive
- Le goitre : une thyroïde augmentée de volume peut comprimer les structures voisines (trachée, œsophage), provoquant une gêne respiratoire ou à la déglutition et imposant une intervention
- L'hyperthyroïdie : la maladie de Basedow (maladie auto-immune provoquant une hyperstimulation de la thyroïde) et les nodules toxiques sécrétant un excès d'hormones peuvent être traités chirurgicalement lorsque les traitements médicaux ou l'irathérapie (administration diode radioactif) sont insuffisants ou contre-indiqués
- Le cancer de la thyroïde : sa prise en charge repose sur l'ablation chirurgicale de tout ou partie de la glande, associée si nécessaire à un traitement complémentaire par iode radioactif
Pathologies parathyroïdiennes : hyperparathyroïdie primaire ou secondaire
- L'adénome parathyroïdien : une ou plusieurs glandes parathyroïdes peuvent développer une tumeur bénigne qui sécrète un excès de parathormone, entraînant une hypercalcémie (excès de calcium dans le sang). Cet état peut provoquer fatigue, troubles rénaux, douleurs osseuses et troubles digestifs. La chirurgie est le seul traitement curatif.
- l’hyperplasie glandulaire : secondaire à une pathologie pré-existante (carence en vitamine D,insuffisance rénale, …), possiblement d’origine génétique.
Diagnostic : comment évaluer une pathologie thyroïdienne ou parathyroïdienne ?
Le bilan préopératoire est essentiel pour préciser la nature de l'atteinte et planifier l'intervention chirurgicale :
- Échographie cervicale : examen de première intention, elle permet de visualiser la taille, la forme et les caractéristiques des nodules thyroïdiens et de mesurer le volume de la glande.
- Cytoponction à l'aiguille fine : en cas de nodule suspect, ce prélèvement guidé par échographie permet d'analyser les cellules et d'orienter le diagnostic vers une lésion bénigne ou maligne
- Bilan hormonal sanguin : dosage des hormones thyroïdiennes (TSH, T3, T4), de la caclitonine et éventuellement d’anticorps anti-thyroïdiens. Pour les parathyroïdes, dosage de la parathormone (PTH) et de la calcémie
- Scintigraphie parathyroïdienne ou PET scanner à la choline : en cas d'hyperparathyroïdie, ces examens permettent de localiser précisément la ou les glandes responsables avant l'intervention
Comment se déroule la chirurgie de la thyroïde et des parathyroïdes ?
Notre équipe réalise ces interventions en combinant des techniques chirurgicales modernes pour garantir efficacité, sécurité et récupération rapide :
Chirurgie mini-invasive Les interventions sont réalisées par de petites incisions soigneusement placées dans un pli naturel du cou, permettant de minimiser la cicatrice et d'optimiser le résultat esthétique tout en assurant un geste chirurgical complet et précis.
Neuromonitoring per-opératoire La protection des nerfs vocaux (nerfs récurrents) est une priorité absolue lors de toute chirurgie thyroïdienne, car leur atteinte peut entraîner des troubles de la voix. Nous utilisons un dispositif de neuromonitoring per-opératoire qui permet de contrôler en temps réel l'intégrité de ces nerfs tout au long de l'intervention, offrant une sécurité maximale au patient.
Préservation parathyroïdienne La préservation des glandes parathyroïdes lors d'une thyroïdectomie est essentielle pour éviter les troubles du calcium postopératoires. Notre équipe intègre prochainement une technique avancée d'identification peropératoire des parathyroïdes, permettant de les repérer avec précision et de mieux les préserver au cours de l'intervention.
Protocole RAAC (Récupération Améliorée Après Chirurgie) Nous appliquons un protocole de récupération améliorée après chirurgie qui optimise chaque étape de la prise en charge : préparation préopératoire adaptée, anesthésie et analgésie optimisées, lever précoce et suivi postopératoire renforcé. Ce protocole permet une sortie rapide et sécurisée, tout en réduisant l'inconfort postopératoire et les complications.
Quelles sont les suites opératoires et les complications possibles ?
La chirurgie thyroïdienne et parathyroïdienne est aujourd'hui bien codifiée et les complications graves sont rares grâce aux techniques modernes. Néanmoins, le patient doit être informé des suites habituelles et des risques potentiels :
- Une hypocalcémie transitoire ou définitive peut survenir après thyroïdectomie totale en cas d'hypofonctionnement temporaire des parathyroïdes, se manifestant par des fourmillements ou des crampes. Elle est surveillée et traitée en postopératoire
- Une dysphonie transitoire ou définitive (modification de la voix) est possible en cas d'irritation des nerfs vocaux, le plus souvent réversible en quelques semaines
- Une cicatrice cervicale dont l'aspect s'améliore progressivement dans les mois suivant l'intervention
- Un suivi endocrinologique est mis en place après l'intervention pour adapter si nécessaire un traitement hormonal substitutif (en cas de thyroïdectomie totale) et surveiller la normalisation du bilan calcique
Auteur
Article écrit le 07/07/2026, vérifié par Dr Tristan WAGNER chirurgien endocrinien, cancer viscéraux/digestifs et de la thyroïde.
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