Douleurs du patient cancéreux : Causes et prise en charge
Les douleurs liées au cancer sont bien plus qu’un effet secondaire : elles pèsent lourdement sur le quotidien des patients. Qu’elles résultent de la maladie ou des traitements oncologiques, elles nécessitent une prise en charge personnalisée et pluridisciplinaire pour redonner du souffle au quotidien.
Pourquoi le cancer provoque-t-il des douleurs ?
Le cancer peut provoquer des douleurs pour plusieurs raisons, directement liées à la progression de la tumeur ou aux traitements utilisés. La tumeur peut exercer une pression sur les organes, les os ou les nerfs, provoquant ainsi des douleurs localisées ou irradiantes. L’inflammation liée à la réponse immunitaire du corps face aux cellules cancéreuses contribue également à l’apparition de douleurs. Certains cancers, comme ceux des os ou du pancréas, sont particulièrement douloureux en raison de la destruction des tissus environnants.
Les métastases osseuses sont par ailleurs souvent source de douleurs aiguës ou chroniques, car elles fragilisent les os et peuvent entraîner des fractures. En outre, l’invasion des nerfs par des tumeurs peut entraîner des douleurs neuropathiques, souvent décrites comme des sensations de brûlure ou de picotement. Les traitements oncologiques eux-mêmes (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie) peuvent aussi être à l’origine de douleurs. Les effets secondaires de ces traitements, comme l’inflammation des tissus irradiés ou les lésions nerveuses, peuvent entraîner des douleurs persistantes.
Les différents types de douleurs liées au cancer
Il existe plusieurs types de douleurs liées au cancer. Les douleurs nociceptives sont fréquentes, causées par la stimulation des récepteurs sensoriels à la suite d'une lésion tissulaire. Ce type de douleur peut être ressenti comme une sensation aiguë, lancinante ou pulsatile, souvent localisée autour de la tumeur ou dans une zone opérée. Les douleurs neuropathiques, quant à elles, sont provoquées par une atteinte du système nerveux, que ce soit en raison de la tumeur elle-même ou des traitements (notamment la chimiothérapie).
Ces douleurs se manifestent par des sensations de brûlure, de fourmillement ou d’engourdissement. Elles peuvent être particulièrement résistantes aux traitements classiques, et parfois nécessiter une combinaison de plusieurs types d’antalgiques. Une autre catégorie à considérer est celle des douleurs aiguës postopératoires qui surviennent après un geste chirurgical. Elles peuvent être temporaires, mais dans certains cas, elles persistent et peuvent devenir chroniques.
Néanmoins, une prise en charge adaptée dès le départ permet de prévenir cette évolution. Enfin, les douleurs chroniques, souvent associées aux cancers avancés, persistent malgré les traitements et peuvent être particulièrement invalidantes. Ces douleurs sont souvent le résultat de métastases ou de lésions irréversibles des tissus.
Cancer : L’importance de bien identifier et décrire ses douleurs
L’identification et la description des douleurs ressenties sont importantes pour une prise en charge adaptée. Les patients doivent pouvoir communiquer clairement sur l’intensité, la localisation, et la nature des douleurs. Cette précision permet en effet de mieux adapter les traitements antalgiques, car chaque type de douleur nécessite une approche spécifique. Les échelles d’évaluation de la douleur permettent de situer la douleur, en facilitant la communication entre le patient et l’équipe soignante.
Cependant, il ne suffit pas de quantifier la douleur ; il est tout aussi important de décrire sa qualité. Par exemple, des termes comme “brûlure”, “coup de poignard” ou “compression” permettent de mieux orienter les choix thérapeutiques. Une identification précise des douleurs permet aussi d’anticiper les éventuelles complications. Par exemple, une douleur osseuse localisée peut être un signe de fragilité osseuse ou de métastases, qui nécessite alors des examens complémentaires.
La prise en compte des douleurs neuropathiques permet de personnaliser les traitements, car ces douleurs ne répondent pas toujours aux analgésiques classiques et peuvent nécessiter des médicaments spécifiques.
Comment gérer la douleur pendant un traitement anti-cancer ?
La gestion de la douleur pendant un traitement oncologique repose souvent sur l’association de plusieurs approches, incluant médicaments et soins complémentaires. Les antalgiques sont le pilier principal de cette prise en charge. Selon l’intensité de la douleur, des médicaments allant des analgésiques de palier 1 (paracétamol) aux opioïdes peuvent être prescrits. Par ailleurs, dans le cas des douleurs neuropathiques, des médicaments spécifiques comme les anticonvulsivants ou les antidépresseurs tricycliques peuvent être envisagés.
Mais d’autres techniques permettent de compléter cette prise en charge médicale. La radiothérapie, par exemple, peut être utilisée pour diminuer la taille des tumeurs ou des métastases osseuses, afin de réduire la pression sur les nerfs ou les organes et de soulager les douleurs. La chirurgie peut également être envisagée pour retirer une tumeur compressive ou fixer des os fragilisés par des métastases, dans le but d’améliorer la qualité de vie des patients. Les approches alternatives (soins de supports) comme la relaxation, l’hypnose ou l’acupuncture permettent de soulager certains types de douleurs, notamment celles liées à l’anxiété ou au stress. Ces techniques sont de plus en plus recommandées en complément des traitements médicamenteux, car elles permettent de diminuer la perception de la douleur et d’améliorer le bien-être général du patient.
Elles ne remplacent pas les traitements conventionnels, mais peuvent être intégrées dans un protocole global de soins. Chaque patient doit pouvoir bénéficier d’une prise en charge adaptée et personnalisée pour gérer efficacement ses douleurs tout au long de son parcours de soins.
Article écrit le 18/03/2025, vérifié par l'équipe oncologie des Dentellières